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Biodynamie

2014 était notre première année d’expérience en viticulture biodynamique. Auparavant nous n’étions pas encore prêts à nous y lancer, même si nous étions convaincus du bien-fondé de la démarche. Mais il nous fallait encore du temps pour la réflexion et de la disponibilité pour la mettre en œuvre.

Cette première expérience nous incite à aller beaucoup plus loin même si nous n’en avons pas encore le bénéfice visuel et qualitatif. L’approche est intéressante et nous oblige à reconsidérer toute l’approche que nous avons de la plante, du sol, du vivant, du rythme des saisons et de l’environnement.

La remise en question est complète et globale, voilà un beau chantier pour les années à venir.

L’agriculture biodynamique est un système de production agricole dont les bases ont été posées par Rudolph Steiner dans une série de conférences données aux agriculteurs en 1924.

Cette méthode a pour idée de départ le concept « d’organisme agricole » qui consiste à regarder toute ferme, tout domaine agricole comme un organisme vivant, le plus diversifié et le plus autonome possible et avec le moins d’intrants en ce qui concerne le vivant. Développé et expérimenté par des agriculteurs, cette méthode utilise des préparations à base de plantes censées activer ou maitriser les « forces cosmiques » des planètes  afin de soutenir un bon processus végétatif et limiter le développement des parasites.

Pour qu’une agriculture soit durable, le sol doit être l’objet de soins attentifs. Il ne s’agit pas de le respecter et de le conserver, il faut le vivifier, le régénérer et le développer, cela doit être une préoccupation permanente. Les plantes élaborent par le miracle quotidien de la photosynthèse, grâce à l’activité solaire et aux forces formatrices de l’univers, la substance vivante à partir du règne minéral. Ceci se réalise essentiellement à partir du dioxyde de carbone (CO2) et de l’azote issu de l’atmosphère ainsi que de l’eau.

C’est la plante qui vivifie le sol par ses secrétions racinaires (rhizosphère) et cette activité permet d’accroitre le niveau humique (humus microbien) si la vie du sol est bien orientée.

Il est important de répéter que l’agriculture biodynamique ne peut s’ouvrir à de nouvelles relations entre le Terre et le Cosmos par l’intermédiaire de la plante, que si elle s’appuie préalablement sur une gestion agronomique et biologique correcte.

Dans l’agriculture biodynamique, l’élément central est l’être humain. C’est la qualité de son regard, sa faculté de perception des situations, sa capacité à porter un jugement et à agir qui font la réussite d’un domaine agricole et sa durabilité. Cet homme doit acquérir une connaissance approprié de la vie, un sens du vivant et des forces qui agissent en lui. Comme il est nécessaire de se souvenir que l’agriculture est une science de l’adaptation et de l’individualisation des procédés et des méthodes.

Points communs entre agriculture biologique et biodynamique

L’agriculture biologique dynamique est la première en date des méthodes dites « biologiques ». Il ne s’agit pas d’une agriculture naturelle au sens d’un retour à la nature mais bien de comprendre les lois de la nature et de les respecter au mieux dans les pratiques agricoles. Ainsi toutes les bonnes pratiques agronomiques communes avec l’agriculture biologique font partie intégrante de la méthode, comme les soins apportés à l’élaboration des composts, la culture des plantes, le travail modéré du sol, le désherbage mécanique…

Cette technique de culture souhaite éviter l’épuisement des sols par une exploitation trop intensive et en prohibant tous les produits industriels et minimisant les apports extérieurs, bien qu’elle les autorise sous certaines conditions. La biodynamie affiche la volonté de produire des plantes saines en proscrivant l’emploi d’engrais et pesticides solubles, naturels ou non. Seuls les composts de substances végétales ou animales (biologiques elles aussi), susceptibles d’être décomposé par les organismes vivants déjà dans le compost sont autorisés.

Pour la maitrise des maladies et des ravageurs cette agriculture utilisera la technique des plantes compagnes, c’est-à-dire de plantes qui se renforcent mutuellement par leur proximité. Tout comme elle utilisera dans la lutte contre les parasites, des infusions, décoctions, purins ou des préparations de diverses plantes (prèle, orties, millefeuille, thym, lavande, raifort, tanaisie, ciboulette…) et aussi des substances minérales comme la chaux en poudre ou la silice.

Il y a en gros en biodynamie six préparations à ajouter au compost et deux préparations à pulvériser sur les cultures. Quatre servent à dynamiser et vivifier le compost lors de son élaboration. L’une des deux autres est à pulvériser directement sur les sols et la dernière directement sur les plantes pendant la croissance de la plante.

Préparation destinée au compost

La base de toute agriculture démarre avec des sols sains et fertiles. C’est la raison pour laquelle un sol vivant est la pierre angulaire de l’agriculture biodynamique. Apporter du compost ou de la matière organique participe à ce processus d’équilibre et de vie du sol. Le sol est nourri et, en retour, il nourrit les plantes naturellement. 

Le mode de compostage biodynamique avec l’ajout des préparations à base de plantes a fait ses preuves. Il transforme les fumiers en un compost plus équilibré et fécond pour les sols. 

Ces préparations n’agissent pas seulement sur les composts eux-mêmes, mais surtout dans les sols où ceux-ci sont répandus. Elles ne présentent pas un apport d’éléments, mais sont capables de les mobiliser dans les sols et dans la périphérie cosmique. Elles introduisent par l’intermédiaire du compost, agissant comme un levain, une vitalité et une santé renouvelée dans les sols.

Il y a six préparations utilisées en biodynamie :

1-  Préparation d’achillée millefeuille (502), achillea millefolium. Elle joue un rôle particulier dans la mobilité du soufre et de la potasse. On utilise la fleur sans tige pour réaliser la préparation du compost.

2-  Préparation à la camomille matricaire (503), matricaria rectita. Liée au métabolisme du calcium, elle régularise les processus de l’azote.

3-  Préparation d’ortie (504), urtica dioïca. En rapport avec l’azote et le fer, elle renforce l’influence des deux premières préparation (502 et 503). Elle donne au compost et au sol une sensibilité, une sorte de « raison » et favorise une bonne humification.

4-  Préparation d’écorce de chêne (505), quercus robur. Elle a un rapport avec le calcium et renforce la résistance des plantes contre les maladies dues à des phénomènes de prolifération et d’exubérance.

5-  Préparation de pissenlit (506), taraxacum dens leonis. Elle joue, entre autres, un rôle important vis-à-vis de l’acide silicique et de l’hydrogène, en leur permettant de travailler conformément à leur nature. Elle est capable d’orienter le développement des processus de la potasse et du calcaire et finalement ceux de l’azote.

6-  Préparation de valériane (507), valeriana officinalis. Elle aide à la mobilité du phosphore dans les sols et forme une sorte de manteau de chaleur protecteur autour du compost, une peau indispensable à tout organisme. C’est un puissant anti-stress.

Préparations destinées à être pulvérisé

Deux grandes préparations sont essentielles en agriculture biodynamique :

La première s’appelle la « bouse de corne » (la 500). Elle est confectionnée à base de bouse de vache de qualité qui est introduite dans une corne de vache puis enterré durant la période hivernale. La bouse subit un processus de fermentation et se transforme en humus naturel. Elle est conçue pour être aspergé sur le sol et les plantes et s’adresse directement au sol et aux racines. Ainsi elle serait un puissant édificateur de la structure du sol en favorisant l’activité microbienne et la formation de l’humus, améliorant ainsi l’absorption racinaire et la rétention d’eau. Les Australiens ont mis au point une préparation composée, dénommés « bouse de corne préparée ou la 500P, destinée à être pulvérisé sur les parcelles et qui contient la bouse de corne (500P) et les six préparations habituelle destinées au compost (502 à 507). Elle s’utilise après une dynamisation d’une heure.

La seconde préparation s’appelle la « silice de corne » ou 501. Elle est élaborée à partir de quartz (silice cristallisée) très finement réduit en poudre et passée en terre durant la période estivale, dans une corne de vache. On l’utilise en pulvérisation sur les plantes durant la période végétative : cette préparation complémentaire de la 500 ne s’adresse pas au sol mais à la partie aérienne des plantes. Considérée par les bio-dynamiste comme « une pulvérisation de lumière » cette préparation apporte une « qualité lumineuse » aux plantes pouvant selon les cas favoriser la vigueur ou au contraire atténuer une trop grande luxuriance et les tendances aux maladies.

Ces deux préparations doivent être diluées dans l’eau, mais pas n’importe quelle eau, généralement de l’eau de pluie récupérée ou de l’eau de source, et brassée pendant exactement une heure en plein air : c’est la dynamisation dans laquelle la formation d’un tourbillon (vortex) suivie d’un chaos énergique est essentielle.

Travail avec les rythmes lunaires (lune croissante et décroissante), planétaires et zodiacaux

Nombre de jardiniers regardent les cycles lunaires avant leurs semis pour utiliser les périodes favorables. Ce savoir populaire a aussi été repris par les producteurs en biodynamie et élargi aux influences de la périphérie cosmique (lune, soleil, planètes, etc). Les rythmes cosmiques influencent notre planète et tous ses habitants. Les recherches effectuées depuis des années sur les positions des planètes et des étoiles s’efforcent de prouver leurs effets sur le travail agricole. Des chercheurs comme M. Thun ou A. Spies (de l’université de Basel) travaillent depuis des années sur ces thèmes.

On a ainsi découvert que les semis réalisés avant la pleine lune produisent des légumes particulièrement savoureux. La croissance se fait d’une façon plus harmonieuse, les fruits sont pleinement mûrs. Ils développent leur arôme caractéristique et nourrissent ainsi le corps, l’âme et l’esprit.

Les agriculteurs en biodynamie prennent en compte ces rythmes cosmiques et saisonniers, non pas de manière dogmatique, mais en pleine conscience et de manière pratique. Les préparations biodynamiques sont pulvérisées sur le sol et les plantes suivant les saisons, à des moments spécifiques de la journée, pour respecter les rythmes biologiques comme le rythme circadien lié aux alternances jours/nuits et qui régule le repos et la veille.

Dans la pratique biodynamique, le rythme est une permanente adaptation aux conditions de l’environnement alors que les cadences et les fréquences sont étrangères à la sphère du vivant.

Ainsi les rythmes lunaires, planétaires et zodiacaux sont pris en compte pour le travail du sol, les plantations ou les semis, les récoltes ou l’emploi des préparations.

Dans la perception des rythmes, les astres sont vus du point de vue d’un observateur géocentré. Les calendriers tiennent compte de la précession des équinoxes, c’est-à-dire que la position des constellations au cours de l’année est réajustée en prenant en compte la précession des équinoxes, même si le choix des constellations et leur égale répartition restent fondés sur le zodiaque astrologique.

Le rythme synodique : lune croissante/décroissante: C’est le rythme le plus connu et le plus facilement observable. Il correspond à la période qui sépare deux phases identiques de la lune et dure 29,5 jours environ. C’est le cycle indiqué par Rudolph Steiner dans son cours aux agriculteurs.

Dans ce rythme on distingue deux phases essentielles : pendant 15 jours la lune est croissante (on parle de « lune jeune »), puis les 15 jours suivant la lune est décroissante (on parle de »lune vieille »). Bien que ce rythme soit familier, en particulier des jardiniers, il est considéré comme mineur par certains biodynamistes car toutes les plantes n’y seraient pas sensibles de la même façon ; il semble concerner en priorité les plantes riches en eau telles que dans le maraîchage et son action serait plus marquée par temps humide.

Le rythme sidéral : jour feuille, fleur, fruit, racine : En effectuant sa rotation autour de la terre, la lune passe chaque mois devant les 12 constellations du zodiaque astrologique, comme le fait le soleil en un an. Le rythme sidéral est la période qui sépare deux passages successif de la lune devant le même groupe d’étoiles (d’où l’adjectif sidéral) du zodiaque. Il dure 27,3 jours.

L’utilisation de ce rythme a été popularisée par Maria Thun qui a procédé à des semis journaliers de radis en sol pauvre et sans irrigation. Celle-ci aurait constaté des variations morphologiques, avec des parties de la plante plus ou moins stimulées selon le jour concerné, et donc la constellation du zodiaque du moment du semis.

Inversement les plantes appartiennent à l’une ou l’autre de ces catégories selon la partie de la plante utilisée : il convient alors de les semer et de les soigner préférentiellement aux dates feuille, fruit, fleur ou racine.

Pour la vigne qui portera des fruits utilisé pour réaliser le vin, on privilégiera toutes les actions au moment des soins et au moment de la vinification dans un rythme sidéral à fruit. Pour le radis ce sera plutôt sur des lunes racines.

Le rythme tropique lunaire : lune ascendante/descendante : Ce rythme, dont la durée diffère seulement de 7 secondes du rythme sidéral, est très lié à ce dernier et ne doit pas être confondu avec le rythme synodique.

Au cours de son cycle mensuel, la lune arrive à sa position la plus basse (lunistice sud) devant la constellation zodiacale du sagittaire. A partir de là, elle devient ascendante et décrit dans le ciel un arc de cercle chaque jour plus grand et plus élevé : c’est le printemps lunaire. Durant cette période, la montée de sève serait plus forte ; c’est la période choisie pour le greffage ou pour récolter les fruits qui doivent se conserver.

Une fois parvenue au point le plus élevé de sa trajectoire mensuelle (lunistice nord), devant la constellation du Gémeaux, la lune devient descendante : on parle d’automne lunaire. C’est la période traditionnellement retenue pour la taille des arbres et des haies ou l’apport de fumure. C’est aussi la période de plantation, repiquage, rempotage.

Ce cycle est apparenté au grand cycle solaire annuel qui détermine les saisons. Au solstice d’hiver, le soleil est présent dans la constellation du Sagittaire. Le cycle est ascendant jusqu’au solstice d’été où il se trouve alors présent devant la constellation du Taureau ou du gémeaux selon les années. Puis le cycle devient descendant lorsqu’il se déplace du solstice d’été au solstice d’hiver. La conjonction d’un cycle solaire descendant et d’une lune descendante, en particulier en décembre, était présenté comme particulièrement favorable par Olivier De Serres pour l’abattage du bois d’œuvre.

Le rythme anomalistique : apogée et périgée : L’orbite elliptique de la lune détermine un passage à une distance minimale de la Terre (environ 360 000 km) ou périgée et maximale nommée apogée situé à environ 406 000 km de la terre ? Ce rythme dure environ 27,55 jours.

Dans sa sixième conférence du cours aux agriculteurs, Rudolph Steiner propose une interprétation de l’action de la lune à ces moments précis au travers de l’influence sur la vigueur des plantes mais aussi des parasites. Une situation d’apogée apporte une intensification des forces solaires et favorise l’élément air/lumière : il faut alors éviter la pulvérisation de la silice de corne (501) par exemple.

Le rythme draconitique : les nœuds lunaires : L’orbite de la lune étant inclinée d’environ 5°8’ par rapport au plan de l’écliptique (direction de l’orbite de la terre autour du soleil), la lune coupe deux fois par mois ce plan, soit une fois en montant (nœud ascendant) et une fois en descendant (nœud descendant).

Les biodynamistes considèrent que les travaux effectués à ces moments peuvent avoir une influence négative sur le monde vivant. Il est déconseillé d’entreprendre des travaux touchant le sol, les plantes, les préparations biodynamiques, la récolte ou la transformation des produits agricoles durant les quelques heures qui encadrent ces nœuds.

Les Labels

Le label Déméter est le label le plus répandu dans le monde. Il certifie tous types de produits issus de l’agriculture biodynamique. Il existe aussi un label « Biodyn » pour les domaines agricoles en reconversion.

Enfin, pour le monde particulier du vin un second label a vu le jour en France, Biodyvin, issu du Syndicat International des vignerons en Culture Biodynamique.

Au Domaine de la Ramaye nous avons fait le choix de faire confiance au label DEMETER.

Nous serons en conversion biodynamie à partir de la campagne 2015 même si la campagne 2014 c’est déjà déroulé selon ces principes.

Nous sommes actuellement en conversion bio contrôlée par ECOCERT.

Nous sommes également dès  2015 sous certification HVE (Haute Valeur Environnementale).